Le congrès fédéral d’Aix-les-Bains s’est achevé il y a quelques jours, et avec lui une fertile et intense période d’écriture, de réflexion, d’échanges, de votes et de désignations.
Vous trouverez sur le site fédéral les textes et instances issus de ce long processus : rapport d’activité, résolution de congrès, composition du conseil fédéral et de la commission exécutive.
Trois motions d’actualité ont également été adoptées :
- Maintenir un égal accès au conseil en orientation sur l’ensemble du territoire, à l’initiative des Sgen Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes
- Pour la suppression des concours de l’Education nationale en fin de Master 1
- Pour la titularisation des contractuel·les sans concours !
Le Sgen-CFDT Poitou-Charentes a pris toute sa part dans la phase de préparation de ce moment fort et structurant de notre vie syndicale, avec le dépôt d’une quarantaine d’amendements élaborés lors des assemblées départementales, propositions dont une dizaine ont été intégrés au projet de résolution et six autres soumis au débats du congrès d’une manière ou d’une autre.
A travers sa petite mais solide délégation, mixte en termes de métiers, de sexes, d’âges et d’expérience militante, le Sgen-CFDT Poitou-Charentes a également animé les échanges, depuis la tribune, dans les temps informels, les folles soirées aixoises… et sur les réseaux sociaux… #CongrèsSgen #NotammentLesFemmes
Rien que pour vous, ici, en exclusivité exclusive du monde mondial, le témoignage de nos délégué·es sur leur semaine, entre eaux thermales et cogitations syndicales.
Cathy, Vienne
Déléguée « jeune »
Aix-les-Bains, ville d’eau… mais pas seulement ! C’est également la ville qui accueillait le 11e congrès fédéral du Sgen-CFDT.
Depuis Poitiers, c’est un peu loin mais on avait un bon chauffeur (et de l’essence, ce qui n’était pas une mince affaire en cette semaine de blocage un tantinet stérile par « ceux d’en face »).
Côté ambiance, c’est un peu comme une colo… mais avec des idées. Les anciens, dont certains venaient déjà avec leurs parents, ont plaisir à se retrouver ; les nouveaux s’intègrent peu à peu en essayant de retenir l’association visage-prénom-géolocalisation-fonction. Au fil de la semaine, le off dure de plus en plus longtemps tandis que le in se maintient. Et le vendredi, tout le monde garde sa dignité et on se sépare pudiquement, on va pas pleurer, on est plus des ados, mais on se jure qu’on va se revoir, se follower, se liker… ce qui est en partie vrai.
L’analogie avec la colo s’arrête ici. Un congrès, c’est du sérieux. Débats, interventions, votes…. il faut faire le bilan des quatre années écoulées et préparer les années à venir. En tant que jeune de la bande, j’observe, je découvre, j’apprends… et j’angoisse à l’idée que, moi aussi, il va falloir que je monte à la tribune. Car le Sgen Poitou, bien que peu impressionnant en nombre de voix, prend souvent la parole et je me suis lancée moi aussi. Les débats sont animés mais toujours courtois et constructifs. Nos interventions, construites à partir des débats que nous avons eu en conseil syndical, ont toujours été appréciées car elles ont permis d’ouvrir des débats et d’alimenter la réflexion. Beaucoup sont venus nous le dire — on peut même dire qu’on a fait le buzz ! — même si cela ne nous a pas permis de faire intégrer nos amendements au final.
Une expérience éprouvante pour l’estomac et et le sommeil, mais très enrichissante.
Christian, Charente-Maritime
Délégué
Un congrès c’est quoi ? Avant ce mois de mai je n’avais connu que les congrès du Sgen-CFDT Poitou-Charentes. Congrès animés tournant parfois au psychodrame lorsque les quatre syndicats départementaux ont fusionné pour donner naissance au syndicat académique à La Rochelle. Congrès pacifiés depuis. Comme ce congrès fédéral finalement… mais à une autre échelle… plus de monde… plus long… plus de sujets… et… plus loin.

Plus de monde. 400 personnes toutes représentantes des syndicats qui composent la fédération plus quelques invités, c’est impressionnant surtout quand on prend la parole devant cette salle bien remplie pour ouvrir une journée de débat. Une chance, l’intervention avait été peaufinée collectivement jusqu’à pas d’heure la veille (et encore le matin même) avec l’aide d’une spécialité charentaise (mais non… pas le whisky…)
Plus long. Cinq jours de débats enrichissants.
Plus de sujets. C’est rien moins que la politique de notre syndicat pour les quatre années à venir qui a été décidée, et dans ces quatre années il va y avoir un certain nombre d’élections qui auront des répercussions fortes sur nos métiers : présidentielles, législatives, professionnelles.
Plus loin. Moi qui pensais qu’Aix-les-Bains c’était juste en face de chez moi avec ses plages de sables fin et sa vue imprenable sur Fort Boyard et bien non !!! Il faut traverser la France pour y arriver… La voiture était confortable, le pilote émérite, les autres passagers d’excellente compagnie et surtout on a écouté France Culture à l’aller comme au retour, c’est bon de s’instruire… (rangez la presse people pour les photos, les copains, ça fait désordre)
Un seul regret finalement : le fait que les votes sur les différents amendements proposés aient été presque trop préparés en amont par les syndicats, ce qui fait que les interventions quelque soit leur qualité et leur intelligence n’ont pas eu tant d’effet que cela sur les votes alors que les arguments développés ont souvent fait mouche… un peu trop tard.
Les dernières traces de ce congrès, ce fut la soirée tartiflette du retour, avec les copains et les kilos de fromage rapportés dans le coffre, découpés avec l’Opinel officiel du Congrès… juste la veille de l’arrivée de l’été. Maintenant ce sera moules frites !!!
Anne, Charente
Déléguée et porteuse des mandats du syndicat pour les votes du congrès
Comment résumer ces cinq jours en quelques lignes ? Des chiffres peut-être puisque c’était ma 1re participation…
5 délégués plus une conseillère fédérale pour nos 4 départements ; de fortes personnalités et une vraie entente ! 62 mandats. Une goutte d’eau, mais l’addition des gouttes d’eau produit des fleuves… Plus de 400 participants #NotammentLesFemmes et pourtant pas l’impression d’être perdue. Des rencontres bien sûr.
1500 km parcourus en voiture dans la bonne humeur et quelques autres à pied dans Aix-les-Bains. Des fous rires par dizaines. Des litres d’eau absorbés. On taira le reste. Des heures de travail d’écriture-lecture-réécriture-relecture avant la prise de parole de nos formidables orateurs. Des codes à retenir : nairobi17, 2580, 1010… Christian complètera… ou pas. 6°C à l’arrivée mais 30°C au départ. Et un bouillonnement d’idées.
Et pour la petite porteuse de mandats que j’étais, une trentaine de votes au nom de tous les adhérents du Sgen-CFDT Poitou-Charentes.
Voter, ça n’est jamais évident. Voter est un acte fort. Alors porter les votes de tous les adhérents, quelle pression ! Au final il suffit d’entrer des nombres dans des cases sur un logiciel qui vous guide clairement. Mais avant, il y a tous les débats, les idées qui se croisent et s’entrechoquent. Et les bilans au sein de la délégation : comment restituer les votes du conseil syndical et en même temps tenir compte des débats du congrès ? Heureusement nous étions 6 et jamais je n’ai été aussi sereine pour voter.
Au bilan, 5 jours très riches, 4 nuits plutôt courtes et un retour en Poitou-Charentes avec une certitude : la fierté d’appartenir à un syndicat qui ose poser des questions et chercher des réponses, quitte à bousculer. Oui, je suis définitivement fière d’avoir modestement représenté notre syndicat après 16 ans d’adhésion.
Olivier, Charente
Délégué et Président de la Commission des Mandats
Congrès d’Aix les Bains, au mois de mai, c’est une bonne occasion de découvrir cette région des Alpes que je ne connais pas… Ah, en fait pas du tout, c’est une bonne occasion de découvrir le Sgen-CFDT côté débats et vie démocratique puisque je n’aurai pas beaucoup de temps libre pour jouer les touristes. En effet, après un voyage d’Ouest en Est en passant par le Massif central sous la pluie et dans le froid, en arrivant, quelle n’est pas ma surprise… je suis désigné Président de la Commission des Mandats : mais kes donc ?
Mission très simple : s’assurer que l’ensemble des opérations, soit 13 scrutins et 34 votes, se déroulent dans les meilleurs conditions possibles et dans la plus grande transparence afin que le congrès puisse décider de notre projet politique et désigner notre équipe fédérale. Vaste tâche, mais je ne suis pas seul, nous sommes sept et c’est bien nécessaire pour trouver des solutions quand un porteur de mandat perd son code d’accès au vote électronique, quand l’un ou l’une s’écrit avec stupeur qu’il vient de valider son vote mais qu’il s’est trompé entre les Pour et les Contre !!!
Au-delà de cet aspect, un congrès riche par les échanges en salles et en off dans les pauses et les soirées. Un congrès sollicitant notre énergie pour rédiger les textes et aller à la tribune défendre avec conviction et enthousiasme nos choix : entre la réforme statutaire et le texte de résolution, le Sgen Poitou est engagé sur six débats, plus une intervention sur le rapport d’activité… Bref, sur tous les fronts ou presque, avec cette volonté incessante de travailler ensemble, écouter chacun et surtout de faire que le débat éclaire la décisions des délégations.
De loin, si on s’arrête au fait que nous n’ayons pas obtenu de majorité sur nos propositions, cette débauche d’énergie peut sembler superflue. Mais étant donné le nombre de personnes qui sont venues nous voir avec un mot positif, en nous encourageant à continuer à nous faire entendre, alors oui cet engagement est significatif et nous pouvons être fiers des échanges que nous avons en conseil syndical ou lors des journées militantes académiques car c’est ainsi que l’on construit nos convictions.
Un congrès de cinq jours, c’est une coupure passionnante et stimulante mais très dense, qui laisse les jours qui suivent une sensation d’épuisement et il faut, une fois rentrés, se remobiliser pour reprendre les dossiers et retrouver tous ceux qui ont poursuivi leur route sans nous… c’est un peu rude !
Nathalie, Vienne
Conseillère fédérale
Ce congrès restera une expérience forte, humaine d’abord, évidemment.
Plaisir de voir se renforcer les liens au sein de la délégation picto-charentaise, d’écrire nos interventions à douze mains et six cerveaux, de (re) découvrir les talents de chacun. Plaisir des retrouvailles avec les militants franciliens et les permanents fédéraux, ma première famille, avec les cousins d’Aquitaine et du Limousin, puisque la famille s’agrandit, avec les conseillers fédéraux sortants, celles et ceux auprès de qui j’apprends à élargir mes horizons et à aiguiser mes arguments. Plaisir d’entendre autant de rires, de partager des tablées animées, de chanter et de danser ensemble, de sentir toute cette énergie.
Mais ce congrès sera aussi pour moi une expérience unique et fondatrice sur le plan politique.
Avec quelques années de militantisme au compteur maintenant, dans des organisations et fonctions diverses, j’ai pu apprécier la cohésion de notre organisation, la force d’un projet construit et affiné années après années, l’esprit de responsabilité de chacun dans un contexte difficile pour nos collègues comme pour l’ensemble de la société. Et en même temps, à chaque instant, l’exigence de débats sincères, la capacité à s’interroger sur soi-même, la bienveillance dans les échanges contradictoires, le respect des différences de points de vue, de parcours.
C’est dans cet état d’esprit que nos adhérents avaient proposé en amont de nombreux amendements au projet de résolution, dont beaucoup ont été intégrés au texte et d’autres, quatre pour être précis, ont été portés aux débats du congrès. C’est dans cet état d’esprit que nos délégués se sont pleinement engagés dans cette aventure, en s’impliquant dans la vie du congrès, en portant fièrement notre voix à la tribune, dans les votes ou en terrasse (et #NotammentLesFemmes) mais aussi cherchant à comprendre, écoutant les arguments des uns et des autres, discutant beaucoup de revendications concrètes, d’utopies éducatives, de justice sociale, de vie du syndicat, de fédéralisme, de démocratie, d’autogestion…
C’est dans cet état d’esprit que je reviens de ce congrès, que je prépare notre prochain congrès académique et que j’aborde ce nouveau mandat de conseillère fédérale. Construire pour ne pas subir, finalement…