[PROTOCOLE SANITAIRE] Nous voulons faire cours en classe… oui mais dans quelles conditions ?

Au SGEN-CFDT Poitou-Charentes, comme au SGEN-CFDT nous voulons surtout permettre aux élèves (mais aussi aux étudiant·e·s) d'avoir des cours en "présentiel". C'est indispensable pour plusieurs raisons mais cela ne doit pas se faire au détriment de la santé des personnels et des élèves.

Alors que le 2ème confinement est effectif depuis vendredi 30/10, les conditions affichées à la veille du retour en classe des élèves (et d’une infime partie des étudiant·e·s) ne peuvent que provoquer la colère. Il n’y a donc, décidément, rien à attendre d’un ministre qui depuis février continue d’affirmer pour l’école « on est prêt », contre toute logique et quoi que dise la réalité des faits.

Depuis la reprise de septembre nous avons pu nous interroger sur la non activation du protocole sanitaire publié fin août et qui prévoyait deux hypothèses d’adaptations en fonction du niveau de circulation du virus…. La doctrine de conserver les classes et les écoles ouvertes coûte que coûte a plutôt conduit à alléger ce protocole au cours du mois de septembre, faisant en sorte de limiter très fortement le nombre de personnes considérées « cas contact » dans le cadre scolaire. Le récit par le SGEN-CFDT des Pays de la Loire de ce qui s’est passé dans une école de son académie est à ce sujet édifiant.

Si vous ne voulez pas prendre la température, supprimez carrément le thermomètre et n’oubliez pas de fermer les yeux et boucher vos oreilles !

Du protocole fantôme au protocole renforcé

Le nouveau protocole sanitaire entre en vigueur le 2 novembre 2020 . Il est dit « renforcé », on pouvait s’attendre à des mesures plus strictes, des décisions politiques courageuses permettant une distanciation effective, etc. Il n’en est rien puisque l’on retrouve la désormais célèbre formule : « le principe est la distanciation physique d’au moins un mètre lorsqu’elle est matériellement possible ».

Ces règles « laxistes » par rapport aux consignes sanitaires données à la population générale en septembre, octobre étaient difficiles à accepter, maintenant que le 2ème confinement est acté et qu’un plus grand nombre de libertés est limité, la distorsion entre ce qui se passe à l’école et les règles imposées à l’extérieur n’est plus supportable.

Si la situation est si critique et dangereuse sanitairement, l’État doit aussi protéger ses personnels et ses élèves.

Mais alors, face à l’urgence et aux ordres et contre-ordres qui ne cessent de nous faire perdre la tête, que pouvons-nous faire ?

Rappel de ce que le SGEN-CFDT revendique actuellement et (inlassablement) auprès du ministère

Et chacun et chacune d’entre-nous, dans nos écoles et nos établissements, que pouvons-nous faire ?

S’emparer du protocole

Le dernier protocole publié comprend une phrase dont les équipes  doivent s’emparer, page 6 :  » Si la situation sanitaire locale le justifie ou si un établissement au regard de sa taille et de son organisation n’est pas en mesure de respecter les règles posées par le présent protocole, un enseignement à distance pourra être partiellement mis en œuvre, avec l’accord et l’appui du rectorat. »

Que dit cette phrase, si ce n’est que le ministre ne prend pas ses responsabilités ? Il reporte les décisions « douloureuses » au niveau local (oui, forcément passer à un enseignement par groupes réduits va générer des contraintes pour les familles), met des bâtons dans les roues des équipes si elles se trouvent face à un rectorat réticent et semble avoir pour principal but de dédouaner après coup l’exécutif de ses responsabilités.

Cependant cette phrase existe et c’est sur elle que nous vous incitons à vous appuyer de manière collective. Les équipes doivent pouvoir se concerter pour penser des propositions alternatives permettant une réelle sécurité sanitaire dans les écoles et les établissements.

Alerter et faire remonter les informations

Si dans vos établissements le protocole n’est pas appliqué de manière satisfaisante et que vous estimez qu’il y a une situation qui atteint à votre santé ou celle d’autres personnels vous pouvez remplir le registre RSST (Registre Santé et Sécurité au travail). L’accès peut se faire en ligne, sur l’intranet académique, il suffit de cliquer sur la petite cloche de la page d’accueil ↓

Nous vous invitons aussi, dès ce lundi à prendre en photo toutes les situations qui vous semblent représenter un manquement par rapport à l’application d’un protocole renforcé et de nous faire parvenir ces photos à notre adresse : poitou-charentes@sgen.cfdt.fr

Veillez à flouter les élèves et les adultes  s’il y en a (si vous ne savez pas faire, nous y veillerons avant sauvegarde), nous communiquer l’heure, la date et le lieu précis dans l’établissement où la photo a été prise. Ces photos nous permettront d’être en mesure d’illustrer de façon probante des manquements identifiés, nous en ferons un traitement anonymisé.

Les temps sont vraiment durs et nous conservons nos valeurs. La solidarité doit plus que jamais vivre dans les établissements. C’est collectivement qu’il faut travailler et proposer pour arriver à obtenir des conditions d’exercices les meilleures pour les élèves, prenant soin de la santé de tous et toutes et permettant de remettre un peu de sérénité dans le quotidien de chacun et chacune… (et nous sommes bien d’accord que nous ne devrions pas avoir à consacrer du temps à tout ceci qui relève de la responsabilité de notre employeur).